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L’histoire de l’édifice du parlement
Pendant l’occupation française de Hanovre de 1803 jusqu’à 1813, le « Leineschloss » connaît ses jours les plus sombres. Les troupes d’occupation napoléoniennes le mettent à sac et laissent le bâtiment à l’abandon. Pendant cette période des dix années de l’occupation française, la carte de l’actuelle Basse-Saxe subit, elle aussi, des transformations durables.
C’est seulement le Congrès de Vienne en 1814/1815 qui apporte une restructuration de l’Europe et des frontières nettes. Peu de temps auparavant, Hanovre était devenue elle-même, sous Georges III déjà roi de Grande-Bretagne et d’Irlande et, en même temps, prince électeur de Hanovre, un royaume englobant les dix principautés et comtés de l’époque précédente ainsi que sept parlements provinciaux au total. En 1814, le prince régent Georges, le fils de Georges III, convoque, en tant que représentant du roi à Hanovre, une « assemblée des états-généraux pour le royaume de Hanovre » dont le règlement intérieur – nommé à l’époque « régiment » - mentionne déjà la notion de « Landtag », c’est-à-dire parlement. Cette assemblée devait participer aux discussions sur toutes les affaires concernant l’ensemble du pays.La première assemblée représentative des états de l’ensemble du pays était donc née. Elle constituait en même temps le commencement prudent d’une vie parlementaire, qui restait cependant limitée aux classes supérieures. L’adoption d’une loi fondamentale de l’état en l’an 1833 modifie encore une fois très profondément les droits et la composition de l’assemblée des états généraux, cette fois-ci au profit de la bourgeoisie et des paysans désormais affranchis. Le pouvoir budgétaire sur une caisse de l’état, née de la caisse générale des impôts et du trésor royal, fait de l’assemblée des états-généraux de cette époque le premier élément et le précurseur de l’actuelle démocratie parlementaire.
Entre 1816 et 1842/51, le « Leineschloss » subit des transformations importantes sous la direction de l’architecte hanovrien Georg Ludwig Friedrich Laves, l’un des représentants les plus importants du néo-classicisme. La façade de l’époque se voit doter uniformément d’éléments de style néo-classique. Le corps de bâtiment est en outre complété d’un portique représentatif dans la forme qu’il a gardée jusqu’à nos jours. Lorsque l’union personnelle avec l’Angleterre se termine et Ernest Auguste monte sur le trône en l’an 1837, Hanovre devient certes résidence royale. Les travaux d’extension du château sont cependant interrompus dans la période qui suit parce que l’assemblée des états refuse de donner son accord aux coûts immenses de la construction. C’est la raison pour laquelle le « Leineschloss » n’est pratiquement utilisé, à cette époque aussi, qu’à des fins de représentation. La construction du nouveau château des Guelfes (« Welfenschloss ») à Herrenhausen sous le roi Georges V et enfin l’annexion du royaume de Hanovre par la Prusse en l’an 1866 empêchent définitivement la réalisation d’autres projets de transformation du « Leineschloss ».
En 1921, le « Leineschloss » - désormais relevé des fonctions qu’il occupait jusque là – passe à l’administration de la municipalité de Hanovre. Des projets sont conçus, visant à loger au « Leineschloss » plusieurs musées et un dépôt d’œuvres d’art. Les nationaux-socialistes réalisent ce projet dans la mesure où ils installent au château, vers la fin de 1936, un mélange de mémorial militaire et de musées des armes et abusent donc de ce bâtiment en l’utilisant aux fins de préparation idéologique de la guerre. Auparavant, certaines parties de l’édifice avaient servi pendant les années d’inflation à accueillir les sans-abris et la soupe populaire. Le 26 juillet 1943, le « Leineschloss » est presque entièrement détruit par un bombardement américain et il reste pendant plus de dix ans à l’état de ruine dont les murs extérieurs sont fortement endommagés mais encore debout. Pendant la période de l’après-guerre, quelques entreprises de Hanovre installent leurs locaux de secours dans l’une des ailes.Après la deuxième guerre mondiale, le « Règlement n° 55 » du gouvernement militaire britannique constitue, à partir des états autrefois indépendants de Brunswick, Hanovre, Oldenbourg et Schaumbourg-Lippe, l’actuel état fédéral de la Basse-Saxe. Après les premières élections libres du parlement de land le 20 avril 1947, le parlement de Basse-Saxe commence son travail à titre provisoire dans la maison municipale (Stadthalle) de Hanovre.
Le concours lancé en 1954 pour la reconstruction du « Leineschloss » est remporté par l’architecte Dieter Oesterlen de Hanovre. C’est d’après ses plans que le château a été transformé pour devenir l’édifice du parlement qu’on connaît à l’heure actuelle. Les travaux de construction démarrent en 1957, la première pierre est posée en 1958. Et, enfin, c’est le 11 septembre 1962 qu’a lieu l’inauguration solennelle du nouveau bâtiment du parlement du land.
L’ancien château royal de la maison de Hanovre est devenu depuis longtemps déjà le siège du parlement de Basse-Saxe, c’est-à-dire une « Maison de la Démocratie ». La substance historique de grande valeur a pu, dans la mesure où elle n’avait été détruite, être conservée dans le respect de la tradition du pays. L’intérieur du château s’est vu doter d’une conception nouvelle selon des points de vue fonctionnels correspondant aux principes de l’architecture moderne. Aujourd’hui, le « Leineschloss » se veut, au cœur de la Basse-Saxe, lieu central à la fois de la discussion politique et de l’entente, un lieu dans lequel on travaille dans le sens d’une démocratie libre pour le bien des hommes de ce pays.





